André DumontCollaboration spéciale

Qui dit chauffage au mazout dit aussi entretien, risques de contamination et facture qui fluctue avec les cours du pétrole.

Le chauffage à air pulsé ou à eau chaude alimenté par une chaudière au mazout (communément appelée « fournaise ») peut être d’un grand confort. Cependant, dans une transaction immobilière, ce type d’équipement doit vous inspirer méfiance, pour plusieurs raisons.

L’ÂGE DE LA CHAUDIÈRE

Il se fabrique encore des chaudières au mazout, mais au Québec, les nouvelles installations sont plutôt rares. « Je n’ai jamais vu d’installation récente », affirme l’inspecteur en bâtiment Fawzi Hafiz.

Le chauffage au mazout demeure néanmoins très répandu. Plusieurs immeubles anciens ont encore une très vieille chaudière, qui chauffe l’eau qui circule dans des radiateurs en fonte. Cette chaudière peut bien fonctionner, mais son efficacité sera largement inférieure à celle d’un système récent.

Dans les maisons individuelles, on trouve beaucoup de systèmes biénergie, qui fonctionnent à l’électricité jusqu’à – 12°C, puis au mazout quand il fait plus froid.

Pour demeurer sûrs et efficaces, tous les systèmes au mazout doivent être révisés une fois par année par un professionnel du chauffage. Le propriétaire vendeur devrait fournir les documents attestant cet entretien.

L’ÉTAT DE LA CHAUDIÈRE ET DU RÉSERVOIR

Fawzi Hafiz demande toujours que soit démarrée la fournaise, même en été, pour évaluer son fonctionnement. Il cherche notamment des traces de suie, signe que la combustion ne se fait pas bien.

Si l’inspecteur détecte des anomalies en observant le brûleur, la chambre de combustion, la cheminée ou toute autre composante, il recommandera l’intervention d’un expert avant que soit conclue la transaction.

L’inspecteur doit examiner les conduits de mazout, des bouches de remplissage à l’extérieur jusqu’au petit conduit en surface du sol entre le réservoir et le brûleur. Il doit nécessairement constater l’âge du réservoir.

« Depuis 1980, les réservoirs ont une plaque qui indique leur année de fabrication. Si on ne trouve pas la plaque, c’est que le réservoir est trop vieux. Il faut le remplacer. »

— Fawzi Hafiz, inspecteur en bâtiment

Les compagnies d’assurances ont horreur des fuites d’hydrocarbures. La plupart d’entre elles obligeront le remplacement d’un réservoir de 15 ans et plus. Plutôt que de dépenser environ 1000 $ pour cela, plusieurs nouveaux propriétaires préféreront se débarrasser du mazout pour passer à l’électricité ou au gaz, ce qui peut coûter aussi peu que 5000 $.

Les réservoirs situés à l’extérieur se détériorent plus vite. Que l’assureur l’exige ou non, ils sont à remplacer au bout de 15 ans, pour réduire les risques de contamination du sol. Une analyse du sol devrait être exigée, aux frais du propriétaire vendeur, pour s’assurer qu’il n’y a pas eu contamination, même quand le réservoir extérieur ne sert plus ou qu’il a été retiré.

Il se peut aussi qu’un réservoir au mazout ait été enfoui dans le sol à l’extérieur plusieurs années auparavant. Si l’inspecteur a des doutes et que le propriétaire vendeur n’a pas en main les résultats d’une analyse de sol ou une preuve d’enlèvement, il recommandera une analyse.

LE PRIX DU PÉTROLE

Cet hiver, le cours du baril de pétrole a chuté avec l’arrivée du froid. Une bénédiction pour ceux qui chauffent au mazout ? Pas vraiment puisqu’ils avaient fait le plein avant que les prix ne dégringolent.

Au Québec, le prix de l’électricité est très stable et plutôt bas. Si votre entrée électrique est adéquate, la conversion du mazout à l’électricité pourrait coûter bien moins cher que vous ne croyez.

C’est un peu plus coûteux pour passer au gaz. Cependant, le prix du gaz est très avantageux depuis quelques années. De plus, Gaz Métro offre de généreuses subventions pour la conversion.