Condo « de luxe ». Résidence « de luxe ». Finition « de luxe ». L’expression est utilisée à toutes les sauces – et souvent galvaudée – par les vendeurs et promoteurs québécois, surtout depuis quelques années.

Dans une rare étude sur le sujet, JLR Recherche immobilière a voulu déterminer à partir de quel prix une propriété peut vraiment être considérée comme « luxueuse ».

La firme a segmenté son étude en fonction des 17 régions administratives de la province, puisque pour le prix d’un manoir à Dolbeau, les acheteurs pourront à peine s’acheter un duplex dans le quartier Rosemont, à Montréal.

Le graphique suivant présente le « prix plancher » des résidences de prestige dans les différentes régions administratives du Québec.

régions luxe

Pour déterminer ces barèmes, JLR a calculé la moyenne du prix médian des unifamiliales entre 2010 et 2013 pour chaque région. Le groupe a ensuite multiplié cette somme par trois et arrondi à la centaine de milliers de dollars près.

Selon l’étude, 4926 propriétés de luxe ont changé de main dans la province entre 2010 et 2013. Les trois quarts de ces transactions ont été réalisés dans six régions métropolitaines, et la majorité à Montréal.

réparti - géog

Le marché des résidences de prestige demeure marginal, lorsqu’on le compare à l’ensemble du marché immobilier. Il représente 1,4 % de toutes les ventes de maisons unifamiliales, et 0,5 % pour les copropriétés.

Il reste que le segment du luxe a connu une croissance beaucoup plus forte que l’ensemble du marché immobilier entre 2010 et 2013, note JLR. Le nombre de transactions a bondi de 18,1 % pour les unifamiliales, et de 51 % pour les condos, tandis que les ventes ont quelque peu régressé dans le marché « traditionnel ».

Si le nombre de transactions a grimpé, la progression du prix des résidences de luxe a été beaucoup plus faible que celle des résidences régulières depuis 2010.

Le prix des unifamiliales luxueuses a ainsi grimpé d’un maigre 0,5 % entre 2010 et 2013 (contre 8,8 % dans le marché normal), alors que les copropriétés de prestige ont gagné 2,1 % (plutôt que 15,1 % dans le marché traditionnel).

variation prix luxe

« Cette faible croissance des prix pour les propriétés de luxe pourrait s’expliquer par une offre plus abondante des propriétés luxueuses ou encore une propension moins grande à payer le gros pour faire l’acquisition de ce type de résidence », souligne l’étude.

Qui plus est, la décision récente de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) de cesser d’assurer les prêts de plus de 1 million de dollars ne risque pas d’encourager des hausses de prix importantes pendant la prochaine année, conclut JLR.

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