Le pouvoir de négociation des acheteurs de propriétés résidentielles s’est nettement amélioré depuis un an au Québec. Le nombre d’inscriptions est en progression alors que les ventes reculent. Résultat : la croissance des prix a tendance à être faible et on observe même des diminutions dans certains secteurs.

Le phénomène est observé dans la plupart des grands marchés de la province. Par exemple, dans la région métropolitaine de Montréal, le nombre de propriétés en vente a grimpé à 35 904 le mois dernier, une hausse de 9 % par rapport à avril 2013. Pendant la période, les ventes ont chuté de 9 % sur une base annuelle.

Dans ce contexte, les prix médians des résidences unifamiliales, des copropriétés et des plex ont progressé de seulement 1 % en avril, par rapport à la même période en 2013, à 282 000 $, 225 000 $ et 429 000 $.

Dans la région de Québec, les inscriptions ont crû de 15 % en avril, à 6676, pendant que les ventes déclinaient de 7 %, toujours par rapport à avril 2013. Le prix médian des unifamiliales a fondu de 2 % à 248 500 $, celui des condos est demeuré stable à 200 000 $, tandis que le prix médian des plex a chuté de 7 % à 300 000 $.

«Dans la plupart des endroits, le marché est équilibré. Mais dans les centres urbains, il y des quartiers où le marché est à l’avantage des acheteurs», a indiqué Michel Beauséjour, cofondateur et porte-parole de la firme immobilière KW Urbain, précisant que les acheteurs peuvent maintenant prendre leur temps avant d’acheter.

L’ancien président de la Fédération des chambres immobilières du Québec a toutefois précisé que dans le secteur de la copropriété le marché est nettement à l’avantage des acheteurs, en raison de l’abondance de projets mis en chantier au cours des dernières années.

L’état du marché immobilier est semblable dans les autres grandes villes de la province. À Gatineau, les inscriptions ont bondi de 14 % en avril alors que les ventes ont glissé de 14 %. À Saguenay, les propriétés en vente ont augmenté de 21 % et les ventes ont diminué de 35 %.

À Sherbrooke, la hausse des inscriptions atteint 11 % et le recul des ventes s’établit à 21 %. Trois-Rivières fait bande à part avec une croissance des inscriptions de seulement 7 % et une progression des ventes de 35 %.

La dernière modification des règles de financement hypothécaire, qui a fait passer la période maximale d’amortissement d’une hypothèque de 30 à 25 ans, en juillet 2012, a contribué à la chute des ventes.

«En plus, plusieurs ménages n’achètent pas parce qu’ils attendent de voir ce qui va arriver avec la situation économique», a expliqué Kevin Hughes, économiste à la SCHL. Pour l’ensemble de 2014, l’organisme fédéral table sur de légères hausses de prix, mais ses économistes croient que, dans certaines régions, les prix pourraient demeurer stables et même afficher une légère décroissance par rapport à 2013.

À la Fédération des chambres immobilières du Québec, l’économiste Paul Cardinal estime que les acheteurs devraient saisir les occasions d’achat. «Il y a moins de surenchère, car les délais de vente sont plus longs. Et les prêteurs sont très agressifs sur les taux d’intérêt. Ça ne sera peut-être pas le cas dans deux ans», a-t-il affirmé.

Archives / Agence QMI et Journal de MTL.

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