Ce qui soutient l’immobilier résidentiel, avant toute chose, c’est la démographie et l’emploi. Au Québec et au Canada, ces indicateurs sont au beau fixe pour 2015. La croissance de la population âgée de 20 à 44 ans est d’ailleurs impressionnante, dépassant celle des États-Unis !

Il y a suffisamment de jeunes travailleurs et de ménages pour que l’immobilier demeure dynamique cette année, affirmait Mathieu Arseneau, économiste principal, économie et stratégie de la Financière Banque Nationale, lors de la quatrième conférence annuelle Fenêtre sur le marché de la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ), qui s’est déroulée jeudi à Montréal.

Le marché résidentiel, qui a connu une légère baisse d’activité l’an dernier, devrait se ressaisir en 2015 si le marché de l’emploi et l’immigration continuent de progresser et si les taux d’intérêt demeurent au plancher, indiquent les plus récentes prévisions de la FCIQ.

Les données synthétisées par Mathieu Arseneau pour la FCIQ permettent de mieux cerner la particularité du marché québécois et canadien.

L’apport de l’immigration

La population de 20 à 44 ans a progressé au Québec et cette croissance dépassait celle des États-Unis en 2013, à près de 1 % contre 0,5 %. Ça semble peu, mais il faut savoir qu’en Europe, la population en âge de travailler s’est mise à décroître en 2013. Et que dire du Japon, où ce déclin démographique s’est amorcé dès 1998…

Au Québec comme dans l’ensemble du Canada, l’immigration qui compte pour plus de la moitié de la croissance démographique.

Aussi, cette immigration est plus instruite que dans les autres pays développés. À Montréal par exemple, 60 % des immigrants arrivés au cours des cinq dernières années détiennent un diplôme universitaire, contre 51 % à Toronto.

Plus des deux tiers (66,6 %) des immigrants installés au Canada sont propriétaires de leur résidence, un taux supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE — un peu plus de 50 %.

Mathieu Arseneau a également souligné que le Québec connaîtra un léger rebond de la croissance économique en 2015 en raison de la baisse des prix du pétrole.

Les taux d’intérêt ne remonteront pas avant 2016. « Le marché ne voit pas de hausses de taux avant 18 mois, ce qui donne beaucoup de marge de manœuvre à la Banque du Canada », a déclaré l’économiste.

Seule ombre au tableau : le revenu disponible réel des ménages québécois demeure inférieur à la moyenne canadienne. Mathieu Arseneau a d’ailleurs comparé la hausse de la taxe de vente, la taxe santé, les nouveaux tarifs d’électricité et autres augmentations des tarifs publics des dernières années au Québec à un « choc fiscal ».

Les intentions d’achat se maintiennent

Un sondage effectué en novembre dernier par Léger auprès de 5 659 Québécois pour le compte de la FCIQ indique que 24 % des sondés souhaitent acquérir une propriété au cours des cinq prochaines années, dont 29 % dans la grande région de Montréal.

« S’il y a un bien de consommation qui résiste aux cycles économiques, c’est l’immobilier », a commenté jeudi Christian Bourque, vice-président exécutif et associé de Léger. « Les consommateurs veulent maintenir leur grand rêve : acheter une propriété

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